Quel type de cyberattaque est le plus répandu en 2026 : chiffres et cas concrets

Le phishing représente la cyberattaque la plus répandue : 60 % des intrusions réussies débutent par un email frauduleux, selon le Baromètre CESIN 2025. Rançongiciels, attaques DDoS et exploitation de failles complètent le tableau des menaces actives. En 2025, l’ANSSI a traité 3 586 événements de sécurité en France.
Le phishing, première cyberattaque en France
Le phishing (hameçonnage) consiste à usurper l’identité d’un organisme de confiance pour inciter la victime à transmettre des informations sensibles. Cette technique reste le mode de piratage le plus utilisé : le Baromètre CESIN 2025 recense le phishing comme vecteur d’entrée dans 60 % des attaques réussies contre des organisations françaises.
Les chiffres confirment une accélération. En 2025, 43 % des TPE-PME françaises ont subi au moins une tentative d’hameçonnage, contre 24 % un an plus tôt. Le facteur humain intervient dans 60 % des brèches constatées selon le rapport DBIR 2025 de Verizon. Un clic sur un lien frauduleux suffit à compromettre un réseau entier.
L’intelligence artificielle au service du phishing
L’IA a transformé les campagnes de phishing. Les emails frauduleux ne contiennent plus de fautes d’orthographe. Les groupes criminels utilisent des modèles de langage pour rédiger des messages crédibles, cloner des voix dans les fraudes au président et personnaliser les attaques à grande échelle.
Résultat ? Les filtres de messagerie classiques deviennent insuffisants. La protection contre les nouvelles menaces en ligne exige désormais des outils d’analyse comportementale capables de détecter les anomalies que l’œil humain ne perçoit plus.
Les variantes du phishing
Le phishing ne se limite pas à l’email. Plusieurs variantes ciblent des canaux différents :
- Spear phishing : attaque ciblée visant un individu précis, souvent un dirigeant
- Smishing : hameçonnage par SMS, en forte hausse depuis 2024
- Vishing : arnaque téléphonique exploitant la voix clonée par IA
- Whaling : ciblage exclusif des cadres supérieurs et dirigeants
Chaque variante exploite un canal de communication spécifique, mais le mécanisme reste identique : manipuler la confiance de la cible pour obtenir un accès, un virement ou des identifiants.
Les rançongiciels et leur impact financier
Le ransomware (rançongiciel) chiffre les fichiers d’une organisation et exige une rançon pour les restituer. En France, l’ANSSI a recensé 144 compromissions par rançongiciel en 2024. La CNIL a enregistré 5 629 notifications de violations de données la même année, soit une hausse de 20 %.
Le coût moyen d’une cyberattaque atteint 466 000 euros pour une PME française. Les conséquences dépassent le montant de la rançon : arrêt d’activité, perte de clients, frais de remédiation et atteinte à la réputation. Le risque de faillite augmente de 50 % dans les six mois suivant un incident.
La double extorsion comme stratégie dominante
Les cybercriminels ne se contentent plus de chiffrer les données. La double extorsion combine le chiffrement avec l’exfiltration préalable des fichiers. Si la victime refuse de payer, les attaquants menacent de publier les données volées. L’ANSSI a constaté 196 cas d’exfiltration en 2025, soit 51 % de plus qu’en 2024.
Les secteurs les plus ciblés en France reflètent cette évolution :
| Secteur | Part des incidents (ANSSI 2025) |
|---|---|
| Éducation et recherche | 34 % |
| Ministères et collectivités | 24 % |
| Santé | 10 % |
| Industrie et services | 32 % |
Concrètement, les hôpitaux et les collectivités territoriales concentrent une part disproportionnée des attaques. En 2025, un opérateur hospitalier a vu 750 000 dossiers médicaux exposés suite à une compromission de son logiciel de gestion.
Attaques DDoS, failles et chaîne d’approvisionnement
Le déni de service distribué en forte progression
L’attaque par déni de service distribué (DDoS) submerge un serveur de requêtes pour le rendre inaccessible. La taille moyenne de ces attaques a augmenté de 70 % en 2025 selon le rapport Zayo. Cloudflare a bloqué 20,5 millions d’attaques DDoS au premier trimestre 2025 : une hausse de 358 % sur un an.
Le Baromètre CESIN 2025 classe le déni de service comme troisième type d’attaque informatique le plus fréquent, concerné dans 41 % des incidents. Les attaques durent en moyenne 20 minutes, contre 39 minutes l’année précédente. Plus courtes, mais plus intenses.
Exploitation de failles et supply chain
L’exploitation de vulnérabilités représente le deuxième vecteur d’intrusion avec 47 % des cas selon le CESIN. L’ANSSI a identifié neuf failles critiques massivement exploitées en 2025, ciblant principalement les équipements réseau en bordure : pare-feu, passerelles VPN et routeurs.
Les attaques par chaîne d’approvisionnement visent un prestataire pour atteindre ses clients. Un seul éditeur de logiciel compromis peut affecter des centaines d’organisations simultanément. Ce type d’attaque cybernétique a marqué l’actualité récente avec plusieurs incidents majeurs touchant des éditeurs de solutions de gestion. Les bulletins du CERT-FR et les dernières actualités cyber permettent de suivre ces menaces en temps réel.
Les acteurs et motivations derrière les cyberattaques
Trois catégories d’attaquants dominent le paysage des menaces :
| Profil | Motivation principale | Exemple |
|---|---|---|
| Groupes cybercriminels | Gain financier (rançon, revente de données) | LockBit, ALPHV/BlackCat |
| États sponsors | Espionnage, déstabilisation géopolitique | Campagnes APT contre industrie et défense |
| Hacktivistes | Revendication idéologique ou politique | Attaques DDoS contre des institutions |
Les groupes criminels organisés génèrent la majorité des attaques par rançongiciel. Leurs opérations fonctionnent comme des entreprises, avec des modèles de “ransomware-as-a-service” qui permettent à des affiliés peu qualifiés de lancer des campagnes sophistiquées. L’analyse des acteurs à l’origine des cyberattaques détaille les profils et les cas concrets observés en France.
La menace interne reste un risque sous-estimé. Un employé mécontent ou négligent peut causer autant de dégâts qu’un attaquant externe. Les accès non révoqués d’anciens collaborateurs constituent une porte d’entrée régulièrement exploitée.
Stratégies de protection face aux cybermenaces courantes
La prévention repose sur des mesures concrètes, hiérarchisées par impact :
- Former les équipes au repérage des tentatives de phishing, première cause de compromission
- Activer l’authentification multifacteur (MFA) sur tous les comptes à privilèges
- Appliquer les correctifs de sécurité sous 48 heures pour les failles critiques
- Segmenter le réseau pour contenir la propagation d’un rançongiciel
- Tester les sauvegardes régulièrement, hors ligne et hors réseau
Sur le terrain, 67 % des entreprises françaises ont subi au moins une cyberattaque en 2024. Le suivi des actualités en sécurité informatique et la veille sur les vulnérabilités publiées par le CERT-FR constituent un réflexe défensif à adopter.
L’investissement en cybersécurité ne se limite pas aux outils techniques. Les organisations qui recrutent des profils spécialisés renforcent durablement leur posture de sécurité. Le secteur affiche 15 000 postes non pourvus en France, avec des rémunérations en cybersécurité attractives dès le premier poste.
Prochaine étape : auditer les accès utilisateurs, identifier les comptes à privilèges non protégés par MFA et planifier une simulation de phishing interne. Ces trois actions couvrent les vecteurs d’attaque responsables de la majorité des incidents en France.


